Michel Martelly menacé de poursuites judiciaires

L’ancien président Michel Martelly n’est pas au bout de ses peines. Il risque gros après avoir déclaré que l’argent de PetroCaribe qu’il a volé, il l’a investi dans Best Western, Marriott et NH El Rancho. Les responsables de ces hôtels ne se sont pas contentés de démentir les déclarations de l’ex-chef de l’État redevenu musicien. Réginald Boulos menace de poursuivre en justice Michel Martelly s’il ne fait pas retrait de ses déclarations alors que Maarten Boute exige des excuses publiques…National –

Michel Martelly va devoir mettre son ego en veilleuse et faire des excuses aux hôtels Marriott et NH El Rancho s’il ne veut pas être poursuivi en justice. Les propriétaires de ces institutions hôtelières menacent de lui forcer la main si Martelly refuse de reconnaitre publiquement le caractère mensonger de ses propos. Marriott, NH El Rancho et Best Western ont clairement fait savoir qu’ils n’ont rien à voir avec le fonds PetroCaribe contrairement à ce qu’a déclaré l’ancien président Tèt kale.

Dans une correspondance adressée à Michel Martelly, Réginald Boulos écrit: «Le conseil d’administration de la Société immobilière et financière (SIF), propriétaire de l’hôtel NH El Rancho a appris, avec étonnement, sur les réseaux sociaux, que vous avez déclaré, en réaction à la campagne « Petro Challenge » lancée par des jeunes pour réclamer des comptes aux anciens responsables de l’État de l’utilisation des « Fonds Petro-Caribe », que ‘’l’argent que vous avez volé des fonds Petro-Caribe, vous l’avez investi, entre autres, à l’hôtel El Rancho‘’. Une telle déclaration, en plus d’être mensongère, est de nature à affecter durablement l’image d’une société anonyme dont les actionnaires ont consenti d’énormes sacrifices pour se tailler une place dans le monde des affaires tant au niveau national qu’au niveau international», a tancé le président du conseil d’administration de la SIF.

«Votre déclaration, Monsieur Martelly, va aussi à l’encontre des principes de gestion transparente dont la reddition des comptes est un corollaire logique et qui ont toujours caractérisé la gouvernance de la SIF, poursuit la correspondance. Si vous étiez actionnaire de la SIF, vous auriez su qu’elle impose le respect tant au niveau national qu’à celui de ses partenaires étrangers en raison justement de valeurs de transparence financière, de l’engagement à faire preuve de vigilance dans la lutte contre le blanchiment des avoirs, la corruption et le financement du terrorisme, avant même l’adoption des normes contraignantes en la matière par l’État haïtien (en 2001, 2013 et 2016). »

La SIF, a ajouté Réginald Boulos, «ne saurait, sans se renier, accepter dans son capital social ou son actionnariat des fonds d’origine illégitime. Vos déclarations empreintes de légèreté et d’irresponsabilité causent un énorme préjudice tant à la SIF qu’à l’hôtel NH El Rancho aux conséquences incalculables».

«Pour la vérité et pour l’histoire, le conseil d’administration de la Société immobilière et financière (SIF) vous enjoint, Monsieur Martelly, sous peine de poursuite judiciaire, de faire le retrait pur et simple de telles déclarations », a menacé la SIF dans la correspondance envoyée à l’ancien président Martelly le 5 septembre 2018.

Pour sa part, Maarten Boute, président du conseil d’administration de la Turgeau Developments S.A., propriétaire de l’immeuble opérant sous le label de l’hôtel Marriott établi à Port-au-Prince, a rappelé que Marriott c’est un investissement de 48 millions de dollars qui a été fait par une nouvelle compagnie que «nous avons créée qui s’appelle Turgeau Developments S.A. Cet investissement a été cofinancé par le Groupe Digicel et deux groupes internationaux : la Société financière internationale de la Banque mondiale et la la FMO, Banque de développement néerlandaise », a-t-il dit mercredi matin sur Radio Magik 9.

Plus de 188 emplois durables ont été créés grâce à cet investissement, a fait remarquer Maarten Boute avant de souligner que c’est le premier hôtel de marque construit à Port-au-Prince.

Maarten Boute reconnait avoir entendu les déclarations de Martelly depuis le mois de janvier dernier. Mais, a-t-il précisé, vu le contexte actuel et les menaces, « on a cru que c’était opportun de sortir une note pour clarifier », a-t-il dit. « On va demander à l’ancien président Martelly de retirer ses propos et de clarifier à la nation que c’était de l’humour et que cela était loin de la vérité. S’il ne se rétracte pas, il peut y avoir recours à la justice pour demander réparation, pour demander des excuses publiques », a-t-il menacé.

M. Boute a reconnu qu’il y a eu des liens d’amitié entre lui et l’ancien président Martelly, mais des liens « qui ne veulent pas dire qu’il y a eu les mêmes convictions politiques. Un ami ou pas, les déclarations mettent en péril les investissements des compagnies étrangères et les emplois de plus de 188 personnes. On ne peut plus jouer à ce moment-là ! », a-t-il fulminé.

Dans la même veine, La Carabimmo S.A., propriétaire de l’hôtel Best Western Premier Pétion-Ville, n’est pas tendre non plus avec l’ancien président Martelly, sans pour autant citer le nom de ce dernier dans un communiqué publié mercredi.

« La Carabimmo S.A., propriétaire de l’hôtel Best Western Premier Pétion-Ville, pour donner suite à des attaques et menaces répétées dans certains médias et sur les réseaux sociaux, se trouve dans l’obligation aujourd’hui de dénoncer les rumeurs et déclarations légères, malhonnêtes et mensongères selon lesquelles les fonds PetroCaribe auraient contribué au financement de l’hôtel Best Western Premier Pétion-Ville », lit-on dans le communiqué.

La Carabimmo, S.A tient à informer le public en général que la société a été créée en février 2009 par un groupe d’investisseurs haïtiens et indiens déterminés à investir dans l’avenir du pays et de son secteur touristique. La construction et la mise en exploitation de l’hôtel ont été possibles grâce au financement de banques locales qui, elles aussi, ont voulu promouvoir un projet créateur d’emplois et de richesses pour notre chère Haïti qui en a tant besoin. Toutes les informations relatives à l’identité des actionnaires du projet et aux sources de financement sont confirmées dans le journal officiel Le Moniteur, dans les documents d’investissements déposés aux ministères de l’Economie et des Finances, du Commerce et de l’Industrie et du Tourisme, et aussi dans les bilans annuels déposés régulièrement à la Direction générale des impôts », a expliqué Christopher Handal, président du conseil d’administration de la Carabimmo, S.A.

« La Carabimmo S.A. encourage toute enquête devant permettre de faire ressortir la vérité sur l’utilisation des fonds PetroCaribe. Elle met en garde tous ceux qui, dans une perspective malsaine, cherchent à mésinformer le public en pointant du doigt des investisseurs qui ne sont nullement associés ni liés aux fonds PetroCaribe. La Carabimmo S.A. en profite pour rassurer sa fidèle clientèle quant à sa détermination de continuer à lui offrir des services de standard international dans un cadre calme et agréable », conclut-il.

Il faut souligner que ni l’ancien président Michel Martelly ni aucun de ses proches n’ont encore réagi à ce déferlement de démentis et de menaces de poursuites judiciaires contre le leader des Tèt Kale.

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