Pour une meilleure éducation sexuelle des jeunes dans l’espace caribéen

National –

La Caribbean Association for Feminist Research and Action (CAFRA) a organisé les 24 et 25 août 2018 un atelier de travail sur les perspectives d’une meilleure compréhension de la sexualité par rapport aux jeunes et au genre à Panama. Cet atelier de deux jours a réuni des experts et des journalistes venus des différents pays de la Caraïbe, dont Haïti.

Les responsables de CAFRA estiment que les jeunes sont naturellement curieux au sujet de la sexualité. « Il est important que les jeunes reçoivent une éducation adéquate pour qu’ils soient en mesure de faire des choix responsables en matière de sexualité », a expliqué Nadine Constantine, la coordonnatrice de CAFRA, pour justifier la tenue de l’atelier de travail. Elle a, par ailleurs, ajouté que les discussions visaient à réfléchir sur les meilleurs mécanismes à donner aux jeunes une éducation sexuelle prenant en compte à la fois l’aspect physique et émotionnel qui leur permettra d’être responsables en matière de sexualité.

À côté des exposés réalisés par des experts et universitaires, les participants ont débattu en atelier sur les problèmes rencontrés généralement par les jeunes dans le domaine de la sexualité. Ils ont aussi passé en revue des mythes et des idées toutes faites véhiculées sur la sexualité qu’on attribue souvent au sexe. « L’éducation sexuelle conduit les jeunes trop tôt au sexe ; l’éducation sexuelle enlève l’innocence des enfants. L’éducation sexuelle est contre notre culture et notre religion », en sont quelques-unes. Pour combattre ces mythes sur l’éducation sexuelle, les participants estiment que l’éducation sexuelle ne doit pas se faire seulement à l’école, mais dans tous les lieux de rassemblement où les jeunes sont présents. Cela exige que les parents et les leaders religieux soient associés aux efforts des éducateurs. Ste-Lucie est l’un des pays de la région ayant fait l’expérience d’impliquer l’Église dans un programme d’éducation à la sexualité. Les résultats ont été très encourageants.

En Haïti, où en est-on en matière d’éducation sexuelle ? Aky Alix Nicolas, cadre au ministère de l’Education nationale, figurait sur la liste des experts invités à l’atelier. Il estime que l’éducation sexuelle est déjà enseignée dans plusieurs écoles en Haïti. Des universités, surtout les facultés des sciences de l’éducation, a-t-il informé, intègre ce cours dans leur programme. « Ce qui donne des compétences aux spécialistes de l’éducation pour partager cette compétence avec les jeunes », a-t-il expliqué. Aky Nicolas a par ailleurs précisé que dans les cycles fondamentaux, il y a les manuels d’hygiène qui renferment des notions sur l’éducation à la sexualité. Un programme d’éducation à la citoyenneté, a-t-il poursuivi, a été implanté en 2001. Ledit programme touche l’éducation à la sexualité.

Parallèlement à l’éducation formelle à la sexualité, Aky Nicolas estime que des pas sont aussi franchis dans le domaine de l’éducation informelle à la sexualité. « Il y a des idées qui sont véhiculées dans les églises et dans les médias », a-t-il fait remarquer. Pour l’expert en éducation, il manque cependant dans l’éducation à la sexualité en Haïti de la flexibilité pour aborder les nouvelles tendances sexuelles qui constituent, à ses yeux, des choix personnels.

Pour Aky Nicolas, une bonne éducation sexuelle peut aider les jeunes à faire de meilleurs choix et à protéger leur santé. C’est aussi le point de vue des autres experts venus de Ste-Lucie, de la Jamaïque et d’autres pays de la région ayant participé à l’atelier.

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