Salaire minimum de 1000 gourdes, l’ADIH condamne, des députés annoncent une proposition de loi

National -Des ouvriers du secteur textile ont gagné les rues de la capitale ce mardi, pour une 2e journée consécutive de mobilisation. Les manifestants ont défilé sur la route de l’aéroport, arpentant une partie de Delmas pour se diriger devant le siège du Parlement. Selon Télémaque Pierre, porte-parole de « Platfòm sendika izin tekstil-Batay ouvriye » (Plasit-Bo), à travers cette manifestation, les travailleurs réclament un ajustement du salaire minimum à 1000 gourdes. De plus, souligne-t-il, les manifestants réclament également la réintégration des ouvriers « révoqués arbitrairement ». « Nous dénoncons les campagnes d’intimidation des patrons sur les employés des usines », balance-t-il.

Télémaque Pierre n’a pas épargné la ministre des Affaires sociales et du Travail, Stéphanie Auguste, qu’il accuse de partialité envers les patrons. « La ministre a menacé les ouvriers de révocation s’ils manifestent. Nous lui avons montré que ses menaces ne nous font pas peur. Nous sommes sortis dans les rues durant ces deux jours », a-t-il fait savoir.

Devant le siège du Parlement protégé par un dispositif de sécurité, les ouvriers ont interpellé les sénateurs et les députés, leur enjoignant de se rallier à leur cause. « Ils sont nos représentants. Ils doivent voter des lois qui puissent améliorer nos conditions de vie », clame une manifestante. Télémaque Pierre va plus loin. Selon lui, le Parlement est la maison des ouvriers. De ce fait, conclut-il, les ouvriers ont le droit d’exiger des législateurs des actions en faveur de la masse défavorisée.

Quelques minutes plus tard, les manifestants ont été rejoints par deux députés de l’opposition, Jean Robert Bossé et Manès Louis, respectivement représentants d’Aquin et de Cabaret. Le député Bossé a promis d’introduire une proposition de loi fixant le salaire des ouvriers à 1000 gourdes dès l’entrée parlementaire le 11 juin prochain. « À ce moment, vous devez venir supporter cette proposition en masse devant le Parlement », a-t-il dit. D’un ton virulent, l’élu d’Aquin a dénoncé les politiques du gouvernement et l’attitude de certains parlementaires qui, selon lui, ne défendent pas le peuple. Il n’a pas épargné le ministre de la Communication Guyler C. Delva. « Le pays va mal et cela doit changer. Vous devez vous mobiliser en ce sens. Ne vous laissez pas intimider par un « petit vagabond qui vient d’obtenir un poste de communication », assène-t-il.

L’élu de Cabaret, Joseph Manès Louis, promet, lui aussi, de supporter la proposition de loi fixant le salaire minimum à 1000 gourdes. « Cette proposition de loi va éliminer le Conseil supérieur des salaires (CSS) qui ne travaille pas dans l’intérêt des ouvriers. C’est ce CSS qui vous empêche d’obtenir un salaire minimum décent. Il faut changer ce CSS », estime-t-il. Selon Manès Louis, il ne faut plus parler de salaire minimum mais de salaire vital. « Il faut que les ouvriers puissent être soignés, qu’ils puissent payer le transport, etc. », a-t-il fait savoir. Le député Manès Louis a invité les patrons qui menacent d’aller s’installer en République dominicaine en cas d’augmentation du salaire à le faire tout de suite. « Ils peuvent partir », estime-t-il.

L’Association des industries d’Haïti dénonce

Sur Twitter, l’Association des industries d’Haïti (ADIH) « condamne les actes de violence et d’agression survenus au Parc industriel métropolitain les 21 et 22 mai qui ont mis en danger la vie de nombreux travailleurs du secteur textile. Dans un autre tweet, l’ADIH a souligné « qu’une fois de plus, des individus malintentionnés ont pénétré de force dans des usines et y ont agressé les ouvriers qui travaillaient paisiblement pour les forcer à rejoindre une manifestation ». L’association des industriels a publié sur son compte des photos montrant des barrières métalliques et en vitre endommagées ou brisées. Une autre photo montre un bras avec une blessure. « Ces agressions criminelles, en violation flagrante de la loi et des droits de ceux qui veulent travailler, ont provoqué des blessures parmi les employés des usines, ainsi que des dégâts matériels », écrit l’association. Dans un ultime tweet, l’ADIH a fait état d’impacts de balles et de jets de pierres sur des usines. « Ce n’était pas une simple manifestation », conclut l’association. Joint par téléphone, le patron de l’ADIH, Georges Sassine, n’a pas souhaité réagir sur les deux journées de manifestation. Il a néanmoins confirmé que le compte twitter @ADIHNews est bien celui de l’association qu’il dirige.

Jean Daniel Sénat
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